Aristote et Dante découvrent les secrets de l’univers de Benjamin Alire Saenz

J’ai lu récemment le roman Aristote et Dante découvrent les secrets de l’univers de Benjamin Alire Saenz aux éditions Pocket Jeunesse.

Benjamin Alire Saenz est un auteur et un poète américain né en 1954.

L’oeuvre

Aristote et Dante découvrent les secrets de l’univers dont le titre original est Aristotle and Dante discover the secrets of the universe est publié pour la première fois en 2012.

Ce roman est traduit en français et publié en 2016 aux éditions Pocket Jeunesse.

L’histoire

A l’aube de l’été 1987 à El Paso, Texas, vit Aristote Mendoza, adolescent mexicano-américain de quinze ans.

Ari s’ennuie puisqu’il n’a pas d’ami. Il appréhende l’été caniculaire qui commence. Pour tuer le temps, il décide d’aller à la piscine, mais ne sait pas nager.

Au détour d’une rencontre aussi inattendue que bouleversante, il apprendra à nager et découvrira les secrets de l’univers.

Ce que j’en ai pensé

Cela fait bien un an que j’ai fortement envie de découvrir ce roman. J’ai eu l’occasion de le faire en l’empruntant récemment. On m’avait dit que c’était un bon roman mais que les très courts chapitres cassaient le rythme de l’histoire.

J’ai commencé la lecture sans trop savoir à quoi m’attendre, en essayant de ne pas avoir d’idée préconçue. J’ai découvert une lecture forte, addictive. Les héros de notre histoire sont deux adolescents chicanos à l’opposé l’un de l’autre.

Malheureux, Ari est un ado perturbé par le manque de communication avec ses parents. Il se sait différent mais ne sait pas en quoi il l’est, il souhaiterait comprendre mais n’a pas les clés. Dante est son antonyme. Sensible, aimant, c’est un ado très expansif qui ne craint pas d’être ridicule ou différent.

L’auteur instille beaucoup d’humour, mais un humour fin et subtil. Le roman traite de sujets profonds et douloureux or l’auteur a choisi de le faire de manière légère et sans mièvrerie. Le narrateur est Ari et cela se sent. Ce jeune homme est profond et fort comme ce qu’il dit et ressent.

A tous les garçons qui ont dû apprendre à jouer avec des règles différentes.

En terminant ma lecture j’ai compris pourquoi ce roman a bouleversé autant de lecteurs. C’est réellement bien écrit, bien pensé. Une fenêtre ouverte sur un monde où être heureux est un défi, être à l’unisson avec soi-même, une quête.

Nous avons ri. Nous passions notre temps à rire.

Nous ne nous ressemblions pas, mais nous avions quelques points communs. Par exemple, aucun de nous deux n’avait le droit de regarder la télévision pendant la journée.

Nous avions grandi avec des phrases du genre : « Sors ! Va faire quelque chose ! Le monde t’appartient… »

Un jour Dante m’a demandé :

Tu crois que nos parents ont raison ? Que le monde nous appartient ?

J’en doute.

Il a ri.

J’ai aimé du début à la fin sans m’ennuyer une seconde. D’ailleurs, j’aurais voulu ne pas le terminer. A chaque début de lecture j’ai ressenti une excitation, un bien-être et une évidence en me replongeant dedans.

Aristote et Dante découvrent les secrets de l’univers est un roman estampillé jeunesse or pour moi, c’est une lecture universelle. Je dirais même qu’il faudrait qu’il soit lu par des adultes.

Je recommande à tous de lire ce beau roman qui ne peut laisser indifférent.

Et vous, l’avez-vous lu ? Qu’en avez-vous pensé ?

L’échappée belle d’Anna Gavalda

J’ai lu le roman L’échappée belle d’Anna Gavalda aux éditions France Loisirs.

Anna Gavalda est une auteure française née en 1970.

L’oeuvre

L’échappée belle est publié en 2001 aux éditions France Loisirs.

L’histoire

Simon, sa femme Nathalie et Garance, sa sœur, partent sur les routes pour célébrer un mariage. Finalement, sur les routes il s’en passe des choses surtout entre frères et sœurs, on n’est jamais à l’abri d’un dérapage…

Ce que j’en ai pensé

J’aime beaucoup les romans d’Anna Gavalda. Elle a le truc, la dose exacte de sentiments, de drôlerie qui font que ça prend à chaque fois avec moi. Je pense que j’ai cette sensibilité, comme de très nombreux lecteurs, qui fait que je comprends et vis la plume de cette auteure.

Quand j’ai chiné ce petit roman avec cette couverture si feel good je n’ai pas réfléchi deux secondes.

J’ai mis quelques mois à le lire ne sachant pas trop à quoi m’attendre d’un si petit bouquin. Finalement, une fois de plus, avec Anna Gavalda ce n’est ni l’intrigue ni l’histoire qui font tourner les pages mais les personnages.

Ici on rencontre Simon le grand frère, puis Garance et Lola, les frangines et enfin Vincent, le petit dernier. J’ai adoré passer quelques heures avec eux. La complicité et l’amour fraternel sont merveilleusement décrits.

Réalise-t-elle que son bon toutou de mari a porté jour et nuit et pendant des années une cape de Superman en satin rouge qu’il pliait consciencieusement dans son cartable chaque fois qu’il franchissait les grilles de l’école ?

J’ai une petite anecdote Instragram lorsque j’ai publié une photo du roman, une personne m’a dit en commentaire qu’avec ses frère et sœur ils avaient chacun un exemplaire du bouquin. C’est tellement ça ce roman, rien de fou, rien d’intriguant, rien de Wouah! pourtant il m’a procuré beaucoup de bonnes heures et de bonheur. L’amour fraternel est un amour indéfectible, celui que les années n’usent pas, celui qui reste gravé en nous du premier au dernier jour.

J’ai la chance d’avoir moi-même deux sœurs. Elles sont très différentes et très aimantes malgré les aléas de la vie. Merci mes frangines d’être et d’avoir été toujours là, juste par amour.

Elle a peur de son ombre, je ne crains personne. Elle aime les mots, j’aime les notes. Elle admire les peintres, je préfère les photographes. Elle ne dit jamais ce qu’elle a sur le cœur, je dis tout ce que je pense. Elle n’aime pas les conflits, j’aime que les choses soient claires. Elle aime être « un peu pompette », je préfère boire. Elle ne sait pas s’amuser, je ne sais pas me coucher (…) Elle ne peut pas coucher avec un garçon sans être amoureuse, je ne peux pas coucher sans préservatif. Elle a besoin de moi, j’ai besoin d’elle.

Vous l’aurez compris, ce roman m’a beaucoup plu. En plus d’être une lecture sympathique et fraîche, il laisse une saveur d’optimisme et de bonheur.

Laissez vous tenter, vous ne le regretterez pas, parole de sœur !

L’élégance des veuves d’Alice Ferney

J’ai lu le roman L’élégance des veuves d’Alice Ferney aux éditions Babel.

Alice Ferney est une auteure française née en 1961.

L’oeuvre

Le roman L’élégance des veuves est publié en 1995 aux éditions Actes Sud.

L’histoire

« Dieu ne nous a pas créées pour être inutile », telle était la devise des femmes de cette famille.

Ce roman raconte la vie des femmes au début du XXième siècle en France à travers leur maternité.

Ce que j’en ai pensé

J’ai lu ce tout petit roman, ridiculement petit, presque inexistant par son nombre de pages et pourtant. Pourtant, j’ai lu un roman riche et profond sur la condition féminine et le destin de ces femmes qui enfantent toute leur vie durant.

Au tout début, le lecteur rencontre Valentine qui est fraîchement mariée à Jules. Valentine va alors donner naissance à huit enfants dont trois filles et un ange qui ne resta qu’une journée sur Terre.

L’auteure exprime très bien l’émotion de Valentine et son besoin viscéral, complètement naturel d’enfanter encore et encore. Comme si c’était son seul but, la seule excuse qu’elle ait trouvée pour justifier son existence.

Sa vie n’était que ce don, et lorsqu’elle les regardait ensemble, ses enfants, elle sentait sur sa peau un frémissement de froid, un sentiment qu’elle ne démêlait pas, de fierté d’effroi, d’amour inexprimable.

C’est un roman d’une grande justesse que j’ai découvert en même temps que l’auteure dont je n’avais lu aucun roman. J’ai été subjuguée par la beauté de cette plume riche et élégante oui c’était facile. Les mots sont précis, les sentiments décrits à la perfection.

L’auteure a fait le choix d’écrire un roman sans dialogue. Le narrateur exprime ce que les protagonistes ressentent. C’est très reposant pour le lecteur même si le risque est de lire un roman peu rythmé, ce qui n’est vraiment pas le cas ici.

Cette histoire est un très beau et émouvant témoignage sur la vie, le temps qui passe, les mariages que l’on fête, les morts que l’on pleure.

Pierre naquit et Jules mourut un an plus tard. Il n’y aurait pour Valentine plus de caresses et plus d’enfant. (…) Et dans la détresse de se savoir à jamais inféconde et privée d’amour, Valentine se raidit davantage.

J’ai bien envie de découvrir d’autres romans de l’auteure tant la plume m’a plu.

Enfin, j’ai appris que L’élégance des veuves avait été adapté au cinéma je suis curieuse de le voir à l’occasion.

Et vous, avez-vous lu ce roman ? Qu’en avez-vous pensé ?

En ce sang versé d’Andréa H Japp

J’ai lu le roman En ce sang versé d’Andréa H Japp aux éditions Flammarion.

Andrea H. Japp est le pseudonyme de Lionelle Nugon-Baudon, auteure française et scientifique de renom, née en 1957.

L’œuvre

En ce sang versé est le second tome de la trilogie Les enquêtes de M. de Mortagne, bourreau. Il est publié en 2012 aux éditions Flammarion.

La trilogie se poursuit avec le roman La tour d’abandon.

L’histoire

L’histoire se déroule en l’an 1305 en Normandie. Hardouin cadet-Venelle dit Monsieur Justice de Mortagne, bourreau de son état, a belle réputation bien au-delà de son comté.

Henriette, la fille ainée et préférée du sous-bailli, Arnaud de Tisans, moniale à l’abbaye des Clairets, est retrouvée étranglée à la porte du monastère. Le sous-bailli fou de chagrin, demande l’aide du bourreau pour résoudre ce crime et retrouver le scélérat qui a tué son enfant chérie.

Ce que j’en ai pensé

Après avoir lu le premier tome de cette trilogie Le brasier de justice, j’avais très envie de poursuivre les aventures de ce bourreau attachant.

On retrouve Hardouin cadet-Venelle, bourreau de père en fils, sans espace temps entre la fin du premier tome et le second.

Hardouin a donc croisé à la fin du premier tome, la belle Mahaut de Vigonrin accusée d’empoissonnements. Or, cette dame ressemble d’une manière étrange à Marie de Salvin, brûlée au début du tome un.

Entre temps, le sous-bailli Arnaud de Tisans est au désespoir suite au décès de sa fille adorée, Henriette. Cette dernière était moniale dans la fameuse abbaye de Clairets dirigée par la mère abbessse, Constance de Gausbert.

Une fois de plus, l’auteure plonge le lecteur à cent pourcent dans cet univers moyenâgeux, aux confins de la Normandie, dans cet hiver glacial et très rude de l’an 1305.

M. Justice de Mortagne lut pour la millième fois sur les visages le même mélange d’émotions : dégoût envers lui et féroce curiosité pour la mise à mort annoncée par les crieurs de rues.

Un noble de haut ne se décollait pas tous les jours (…) Chacun y allait de supputations : messes noires, orgies, fornication avec des animaux. (…) Quelques-uns regrettaient à haute voix que le spectacle se limitât à une décapitation. Cependant, nul n’aurait boudé son divertissement.

La plume de l’auteure est fabuleuse car elle permet une réelle immersion dans cette époque lointaine. Andrea H. Japp a l’art de dérouler les enquêtes successives au fur et à mesure. Tout comme dans le premier tome, j’ai pris plaisir à lire mais aussi à apprendre et découvrir mieux cette période historique où la religion a une place primordiale.

Je n’ai jamais perdu pied, comme cela est parfois le cas dans d’autres romans historiques. J’ai aimé suivre et comprendre les aventures de tous les protagonistes.

Ce second tome donne une vision plus nette de ce qu’il pourrait se passer dans le dernier opus que je lirai avec beaucoup de plaisir, j’en suis sûre.

Et vous, avez-vous lu ce roman ou un autre de l’auteure ?