Code 93 d’Olivier Norek

J’ai lu le roman Code 93 d’Olivier Norek aux éditions Pocket.

Olivier Norek est un auteur français né en 1975. Il est également lieutenant de police depuis quinze ans en Seine-Saint-Denis.

code 93 d'olivier norek

L’oeuvre

Code 93 est le premier roman de l’auteur. Il est publié en 2013 aux éditions Michel Lafon.

Olivier Norek a depuis écrit deux autres romans Territoires et Surtensions publiés respectivement en 2014 et 2016.

L’histoire

Tout commence par la découverte d’un corps féminin non identifié dans un squat de la commune des Lilas en Seine-Saint-Denis.

Un an plus tard, Coste, capitaine de la crime du 93 se rend à Pantin à 5 h du matin après qu’on l’ai appelé. Un homme a été retrouvé vraisemblablement mort, son pull blanc présentant trois trous béants largement tachés de sang noirci.

Victor Coste ne le sait pas encore mais toutes ces affaires sont liées et cachent derrière elles, un dossier appelé Code 93.

Ce que j’en ai pensé

Olivier Norek fait partie des auteurs que je souhaitais découvrir très vite. J’ai beaucoup entendu parler de ses romans, notamment le premier, Code 93. Ancienne banlieusarde, j’avais à cœur de lire ce qu’un vrai flic avait à raconter sur ce fameux neuf trois.

Ayant eu la chance de vivre dans une banlieue relativement tranquille et protégée, j’ai toujours eu une sorte d’attirance mêlée d’indiscrétion pour les quartiers difficiles. Un emprunt à la bibliothèque m’a permis de plonger littéralement dans ce roman relativement court mais qui ne ménage pas ses effets.

Pour avoir accès à la plupart des immeubles des cités du 93, il suffit de pousser la porte. Celui de Bébé ne faisait pas exception. Un digicode arraché du mur, pendu à un fil électrique, les vitres du hall brisées, serrure défoncée, boîte aux lettres vandalisées pour les chanceux, brûlées pour les autres. Bienvenue.

J’ai tout de suite aimé l’écriture d’Olivier Norek. Une écriture efficace, sans divagation, qui ne laisse pas le lecteur dans un brouillard d’incompréhension, comme s’amuse parfois d’autres auteurs. Non là, on sent le lieutenant de police habitué à transmettre des informations sans ambiguïté.

L’équipe de l’Identité judiciaire avait réquisitionné les lieux. (…) Prélèvements biologiques, placement sous scellés de tous les mégots de cigarettes, bouteilles et détritus divers que le sol d’un hangar désaffecté peut accueillir. La routine. Les effectifs de la Scientifique, en combinaison stérile blanche, (…) assuraient un ballet organisé, ignorant le géant au centre de leurs opérations et les raisons pour lesquelles il s’était fait buter un matin de janvier.

L’histoire est bien construite et l’intrigue, malgré la connaissance rapide de l’assassin, est très intéressante. En effet, le lecteur rentre dans la tête du meurtrier comme dans la tête du capitaine Coste.

D’ailleurs, les personnages légèrement caricaturés forment une belle équipe. Entre épuisement, abnégation, persévérance, être policier n’est pas de tout repos.

Ils se heurtèrent aux portes closes, aux familles qui préfèrent le silence aux ennuis, aux vieux qui n’entendent jamais rien et aux jeunes qui les envoyèrent se faire foutre. Fin de l’opération. Une EVVR typique du 93. « Enquête de voisinage et vaines recherches ».

Je me suis attachée au personnage de Victor Coste. Sûrement grâce à son côté justicier sans faille, amoureux transi et protecteur des gens fragiles. Il incarne dans ce roman, le bon flic, l’intègre, celui que la société respecte ou devrait respecter.

Pour moi ce roman est une réussite tant sur le fond que la forme. J’ai envie fortement de lire les deux romans qui suivent, Territoires et Surtensions d’ici quelques mois.

Le fait que l’auteur soit un homme du métier, un lieutenant de police qui travaille dans ce département, La Seine-Saint-Denis, fait la différence. Il s’est confronté lui-même aux difficultés de ces quartiers où être flic c’est être une cible. Irrespect, méprise, violence, tentative d’assassinat, sont le quotidien de ces femmes et de ces hommes qui mettent en jeu leurs vies, tout simplement.

C’est pas Hollywood, ici, c’est la Seine-Saint-Denis.

Avez-vous lu ce roman ? Donnez votre avis en commentaire !

Le temps d’une cerise, d’une saison de mimosa de Pascal Pratz

J’ai lu le roman Le temps d’une cerise, d’une saison de mimosa de Pascal Pratz aux éditions du Petit Pavé.

Pascal Pratz est un écrivain français né en 1952.

le temps d'une cerise d'une saison de mimosa de Pascal Pratz

L’oeuvre

Le temps d’une cerise, d’une saison de mimosa est le cinquième roman de l’auteur. Il est publié en 2008 aux éditions du Petit Pavé.

L’histoire

Ce roman raconte le parcours de vie de sa fille, Juliette, décédée des suites d’un cancer à l’âge de quatre ans et demi.

Tu t’appelais Juliette, Agathe, Cerise, tu aimais le mimosa. Comme les cerises et le mimosa, tu n’as vécu que ce que vivent les roses, l’espace d’un instant.

Ce que j’en ai pensé

Cette chronique est de loin la plus compliquée que j’ai eu à écrire et cela pour plusieurs raisons. La première est que je connais la femme de l’auteur. La seconde est qu’il ne s’agit pas d’une fiction mais d’une histoire vécue. Enfin la troisième est que le sujet est si douloureux qu’émettre un avis dessus est je pense, déplacé.

Nous t’avons choisi trois prénoms : Juliette, Agathe et Cerise… S’il n’y avait eu que moi, tu te serais appelée Cerise. ça faisait bien rire les sympas, Cerise et ça faisait grincher les grincheux.

Quoi de plus douloureux que de voir son enfant malade, dans la souffrance, dans la peine ? Quoi de plus affreux que de laisser partir son enfant vers l’issue fatale ? Quoi de plus injuste que de lui survivre et de continuer à vivre?

Ce roman raconte le jour fatidique où la vie de cette famille a basculé. Dorénavant, plus rien ne sera pareil. Le couperet est tombé, Juliette est malade, c’est grave.

J’ai apprécié l’écriture de l’auteur, sans fioriture, sans détail morbide qui ne soit nécessaire, sans pathos comme on dit.

L’auteur a réussi dans un si court roman, une petite centaine de pages, à donner au lecteur une vision très complète et détaillée de la vie de sa fille. Aucune ligne n’est à enlever, aucun détail n’est inutile, tout est concentré dans ces quelques pages. Le roman ne laisse au lecteur aucun questionnement ni de sensation de trop peu.

Toi, tu étais magnifique. Pas de plaintes, pas de pleurs. (…) On t’a tout dit, avec des mots que tu pouvais comprendre du haut de tes trois ans. Que tu avais une « boule » dans le ventre qu’il fallait faire partir, que ce serait long, que tu allais perdre tes cheveux, tes si jolis cheveux, (…) C’est évident que tu comprenais, d’abord parce que tu ne posais pas de question, avec le regard baissé. Tout cela entrait en toi. (…) Et quand tu me regardais dans les yeux, avec ton regard si profond, tu me faisais souvent douter de qui de nous deux était vraiment le grand.

J’ai été énormément touchée par tout. Tout ce que Pascal Pratz exprime, tout ce qu’il ressent, tout ce qu’il voit en sa fille, sa beauté, son intelligence, sa maturité, son courage, sa patience.

Tu étais lumineuse !

Ce roman n’est que le reflet de l’espoir, du désespoir, du sentiment d’impuissance, d’injustice, de l’attente inhumaine, et de l’amour infini que vivent ce père et cette mère face à la maladie de leur enfant.

Je garderai longtemps en moi certaines images du roman, certaines phrases, certaines émotions.

Je mentirais si j’écrivais ne pas avoir pleuré toutes les larmes de mon corps à la lecture de ce roman. J’ai ressenti profondément la douleur inexprimable et incommensurable pour cette petite fille, ses parents, et ses frères et sœurs.

Je n’aurais ni l’indécence ni l’envie de dire que j’ai aimé cette lecture.

J’ai seulement besoin d’écrire ici que la vie est belle, merveilleuse, surprenante, jouissante ! Il faut profiter des instants simples, quotidiens que la vie offre à chacun de nous et ne pas hésiter à vivre tout simplement.

Je remercie Isabelle pour m’avoir permis de lire ce roman et j’invite tous ceux qui liront cet article à en faire de même, pour Juliette, pour ces enfants malades, pour ces familles si pleines de V I E.

Yeruldelgger de Ian Manook

J’ai lu récemment le roman Yeruldelgger de Ian Manook aux éditions Le livre de poche.

Ian Manook est un des noms de plume de l’auteur Patrick Manoukian, écrivain français né en 1949.

yeruldelgger de ian manook

L’œuvre

Yeruldelgger est publié en 2013 aux éditions Albin Michel.

Ce roman a obtenu une très grande quantité de prix littéraires. Il a reçu notamment Le grand prix des lectrices de Elle en 2014 ainsi que le prix SNCF du polar, la même année.

L’histoire

Yeruldelgger est appelé sur les lieux d’une découverte macabre. Le squelette d’une petite fille, déterré par des nomades, a été découvert dans les steppes.

Au même moment, des industriels chinois et des prostituées sont assassinés sauvagement. Yeruldelgger doit enquêter avec l’aide de Oyun, son adjointe.

En parallèle, il doit affronter ses fantômes et faire face à l’épreuve de sa vie.

Ce que j’en ai pensé

J’ai souhaité lire ce livre sur les recommandations de ma mamou. En plus de l’histoire policière, il a cette particularité de faire découvrir au lecteur, ce pays lointain, la Mongolie.

Cela faisait donc plusieurs mois qu’il était dans ma wishlist et grâce à une gentille collègue, merci Julie, j’ai enfin pu le lire. Un membre de Livraddict nommé XL m’a proposé de le lire en lecture commune. Vous pouvez retrouver sa chronique ici.

Dans ce roman on découvre ce flic abimé par la vie, Yeruldelgger. J’ai été horrifiée de découvrir les relations qu’il entretient avec sa famille et sa hiérarchie. En tout état de cause, il est détesté autant qu’adoré.

Le roman est très bien construit. Il y a une vraie montée en puissance dans l’intrigue. Les enquêtes policières se mélangent les unes ou autres et apportent une profondeur au roman.

Ce qui m’a fascinée dans ce roman c’est la découverte de la Mongolie. Ce roman est pour moi une déclaration d’amour à ses habitants, ses traditions, ses paysages. J’ai été d’ailleurs très surprise d’apprendre que l’auteur n’était pas originaire de Mongolie mais un français amoureux des voyages.

Yeruldelgger plongea la main dans les entrailles de la marmotte et en tira une première pierre bouillante qu’il offrit à la vieille avec respect. Elle l’accepta avec un sourire de bonheur et de reconnaissance (…) et partagèrent avec lui le boodog selon la tradition.

Ce pays lointain est assez méconnu pour moi. Il m’a paru d’une fragilité poétique. La Mongolie est une terre de contrastes où se mêle tradition et modernité. Ian Manook décrit très bien ce phénomène tout au long de son roman. A certains moments, outre la violence de l’histoire, une poésie se dégage de ce roman.

Puis, dans leur douce langue murmurée qui bruissait comme un ruisseau sous des feuillages agités, ils se racontèrent jusqu’au petit matin leurs enfances heureuses en se brûlant les lèvres au thé salé.

On ressent un mal-être et une recherche d’authenticité dans l’esprit des mongols, comme si une part d’eux-même était à jamais entachée par l’histoire de leur pays. L’auteur fait tout pour que le lecteur éprouve la désillusion des personnages face à la perte des traditions ancestrales.

Colette voulu précéder Yeruldelgger dans la yourte, mais il la rattrapa violemment par le bras (…)

Hey, qu’est-ce qui te prend ?

Pas le pied gauche, tu ne te souviens pas ?

Tu crois à ces vieilleries-là ?

J’y crois, confirma-t-il et tu as intérêt à y croire toi aussi.

Quoi ? Entrer le pied droit en premier, enjamber le pas de porte, ne rien jeter dans le feu, circuler par la gauche, ne pas pointer ses pieds vers le feu… tu t’accroches encore à tout ça ?

Yeruldelgger est un roman surprenant qui tend à faire découvrir au lecteur, un pays avant tout. J’ai découvert énormément de choses en lisant ce livre. J’ai trouvé ça captivant d’un point de vue culturel et humain.

A part le cœur nouveau d’Oulan-Bator et la perfection infinie des steppes et des montagnes, Oyun se demandait souvent pourquoi sa belle Mongolie semblait aussi délabrée.

Partout, quand elle traversait les banlieues et les villages, elle ressentait cette impression étrange d’un abandon résigné. Comme si le quotidien des gens, dans ce pays immense et magnifique, s’étriquait dans un présent rabougri avec pour seule ambition de survivre aux jours qui passent.

Concernant l’enquête policière, la plume est hyper violente. Plusieurs fois j’ai repris mon souffle car j’avais, sans me rendre compte, couper ma respiration tellement le passage était dur. Petite nature, bonjour !

J’ai adoré ce roman. L’auteur en a écrit deux autres où l’on retrouve personnage de Yeruldelgger, Les temps sauvages et la mort nomade. J’ai fortement envie de les lire d’ici quelques mois.

Je recommande chaudement ce roman, si la violence ne vous effraie pas et si vous avez la curiosité de découvrir ce pays à part qu’est la Mongolie.

Avez-vous lu ce roman ? Donnez votre avis en commentaire !

Les assassins de R J Ellory

J’ai lu la semaine dernière, Les assassins de R J Ellory aux éditions Sonatine.

Roger Jon Ellory, plus connu sous le nom de plume R. J. Ellory, est un auteur anglais né en 1965.

L’œuvre

Le roman Les assassins est publié sous le titre original The anniversary man en 2009. Il sera traduit en français et publié en 2015 aux éditions Sonatine.

Ce roman est le septième roman de l’auteur.

L’histoire

New-York, 1984, John Costello, adolescent de 16 ans, échappe de justesse à la mort. Sa petite amie est tuée sauvagement devant lui par un serial-killer dénommé le marteau de Dieu.

New-York, 2006, plusieurs assassinats ont lieu. John Costello fait rapidement le lien. Les meurtres ont lieu le jour anniversaire d’anciens meurtres commis par des serial-killers et en sont la réplique parfaite.

Ray Irving, détective au NYPD est chargé de l’enquête.

Ce que j’en ai pensé

Une fois de plus, ce roman est le premier de l’auteur que je lis. Cet auteur, je souhaitais le découvrir depuis plusieurs mois. Beaucoup de critiques positives m’avaient donné envie de lire notamment le roman Seul le silence. Mais le hasard a fait que j’ai chiné Les assassins et donc c’est celui-ci que j’ai lu en premier.

Le roman Les assassins plonge le lecteur dans les méandres du NYPD. Le détective Ray Irving, quadragénaire insomniaque, a la charge de retrouver le coupable de meurtres plus horribles les uns que les autres, qui sont la réplique exacte d’anciens meurtres commis par des serial-killers qui ont ponctué l’histoire criminelle des US.

Ce roman a un rythme haletant à partir du premier tiers. Les meurtres s’enchaînent, alors que le coupable échappe à tout et ne laisse aucune trace de son passage. L’enquête piétine malgré les efforts de la police pour coincer le meurtrier.

L’auteur a réussi un roman d’une précision hallucinante. Les recherches sur les serial-killers, leurs victimes, les meurtres… Tout est décrit à la perfection. Je n’ai pas pu m’empêcher d’imaginer le travail de recherches que R.J. Ellory a entrepris.

La fin de ce roman est régulièrement décevante pour les lecteurs, or cela n’a pas été mon cas. J’ai compris le message de l’auteur et la chute me semble légitime.

Je reconnais largement la qualité de recherches de l’auteur pour être au plus près du sujet qu’il écrit et l’ambiance très sombre, parfois déprimante qu’il instille dans l’histoire. Le monde infâme, monstrueux, inhumain des serial-killers dégoûte et fascine à la fois. Durant ma lecture j’ai souvent fait la grimace lors de certains passages et pourtant j’ai adoré ça !

Ce roman m’a beaucoup plu. J’ai envie de poursuivre ma découverte de l’auteur à travers ses autres romans.  En vrac, j’aimerai lire Vendetta, Les anges de NY, Seul le silence… et d’autres encore !

Connaissez-vous l’auteur ? Quels romans avez-vous lu ?