Dites aux loups que je suis chez moi de Carol Rifka Brunt

Je viens de lire le roman Dites aux loups que je suis chez moi de Carol Rifka Brunt publié aux éditions Buchet Chastel.

Carol Rifka Brunt est une auteure américaine née en 1970.

L’oeuvre

Ce roman a été publié en 2012 sous le titre original Tell the wolves I’m home. C’est le premier roman de l’auteure.

Il a été traduit en français et publié aux éditions Buchet Chastel en 2015.

L’histoire

New-York, 1986, June, adolescente de 13 ans rend visite à son oncle Finn lors d’un banal dimanche de décembre.

Finn est un peintre talentueux, trentenaire, homosexuel. Oui, Finn est tout cela mais surtout, Finn est malade du SIDA et va mourir. En mourant, Finn laisse June, sa nièce dans une immense solitude. Mais, et si Finn avait demandé à une personne de prendre soin de sa nièce chérie ?

Ce que j’en ai pensé

Ce que j’ai pensé de la découverte du sujet

En souhaitant lire ce livre, je n’en connaissais pas le sujet. Je n’avais volontairement pas lu la quatrième de couverture. J’apprécie de plus en plus ne rien savoir sur le sujet de mes lectures pour vivre une réelle découverte.

J’ai donc innocemment commencé à lire et j’ai découvert au bout quelques paragraphes que le sujet principal était le SIDA. J’avoue n’avoir jamais lu de fiction sur ça. Au bout de quelques pages j’ai été happée par ce roman que je n’ai pas pu quitter pendant plusieurs heures.

Ce que j’ai pensé du reste

La narratrice, June est une ado de 13 ans, mal dans sa peau. Comme beaucoup d’ados, elle se trouve nulle, inintéressante. Elle est passionnée par le Moyen Age et porte jupe longue et bottes médiévales. Solitaire, elle n’a pas d’ami de son âge. Son seul ami c’est son oncle, Finn.

J’essayais de me concentrer sur l’histoire que je me racontais, comme quoi j’étais la seule personne assez forte pour aller chasser pour mon village et que je devrais entreprendre un périple dans la neige pour suivre la trace d’un cerf.

Les filles n’étaient pas censées chasser, alors je devais m’attacher les cheveux et passer pour un garçon.

Voilà le genre d’histoires que je m’inventais.

Je me suis très vite attachée à June mais aussi à Finn et à Toby. Ce roman c’est l’histoire d’une génération, d’un cataclysme, d’un bouleversement tellement énorme que trente ans après, des gens meurent encore du SIDA.

A cette époque on ne connaissait pas ce virus. La peur était immense, l’incompréhension réelle, l’homophobie décuplée.

Greta agitait le gui vers moi jusqu’à m’en frôler le visage. Tu vas voir June. Je vais le brandir au-dessus de toi et d’oncle Finn et qu’est-ce que tu vas faire ? (…)

Il faudrait que je me montre désagréable avec Finn ou que je prenne le risque d’attraper le sida (….) Il m’embrassera sur la joue, c’est tout.

Ouais, mais comment tu sais que les microbes d’un bisou peuvent pas s’infiltrer sous la peau de ta joue ?

Comment tu peux être sûre qu’ils vont pas se retrouver à nager dans ton sang en passant par les trous de tes pores ?

Bravo à Carol Rifka Brunt pour son talent. Ce roman est magnifique, pudique et sobre. L’auteure épargne les lecteurs avec des images mélodramatiques et nunuches. Ici on vit la maladie en gardant son intégrité et son panache.

J’ai été émue aux larmes plusieurs fois durant ma lecture. Les sentiments des protagonistes sont puissants que ce soient des sentiments d’amour ou de haine. L’auteure a une écriture poétique indéniable.

Je lui ai tendu une chemise noire et orange à carreaux que je ne l’avais jamais vu porter.

Quand je choisis des vêtements pour quelqu’un d’autre, j’ai toujours envie de prendre des choses que je n’ai encore jamais vues portées par la personne en question.

Comme si d’une certaine manière elle m’avait caché une part d’elle-même jusqu’alors et que, soudain, j’avais l’occasion de découvrir de quoi il s’agissait.

Les thèmes abordés sont universels : l’adolescence, le premier amour, la maladie, la perte, les liens familiaux, l’amitié. Pourtant, j’ai découvert beaucoup dans cette lecture : l’amour mêlé à la maladie, le sentiment amoureux  interdit, le don de soi et le sacrifice.

Je recommande fortement ce livre qui est malheureusement peu connu et c’est très dommage. Heureusement, les éditions pocket on publié ce roman récemment en format poche, cela va peut-être lui donner une nouvelle impulsion 🙂

Avez-vous envie de lire ce roman ? 

2 pensées sur “Dites aux loups que je suis chez moi de Carol Rifka Brunt”

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