L’élégance des veuves d’Alice Ferney

J’ai lu le roman L’élégance des veuves d’Alice Ferney aux éditions Babel.

Alice Ferney est une auteure française née en 1961.

L’oeuvre

Le roman L’élégance des veuves est publié en 1995 aux éditions Actes Sud.

L’histoire

« Dieu ne nous a pas créées pour être inutile », telle était la devise des femmes de cette famille.

Ce roman raconte la vie des femmes au début du XXième siècle en France à travers leur maternité.

Ce que j’en ai pensé

J’ai lu ce tout petit roman, ridiculement petit, presque inexistant par son nombre de pages et pourtant. Pourtant, j’ai lu un roman riche et profond sur la condition féminine et le destin de ces femmes qui enfantent toute leur vie durant.

Au tout début, le lecteur rencontre Valentine qui est fraîchement mariée à Jules. Valentine va alors donner naissance à huit enfants dont trois filles et un ange qui ne resta qu’une journée sur Terre.

L’auteure exprime très bien l’émotion de Valentine et son besoin viscéral, complètement naturel d’enfanter encore et encore. Comme si c’était son seul but, la seule excuse qu’elle ait trouvée pour justifier son existence.

Sa vie n’était que ce don, et lorsqu’elle les regardait ensemble, ses enfants, elle sentait sur sa peau un frémissement de froid, un sentiment qu’elle ne démêlait pas, de fierté d’effroi, d’amour inexprimable.

C’est un roman d’une grande justesse que j’ai découvert en même temps que l’auteure dont je n’avais lu aucun roman. J’ai été subjuguée par la beauté de cette plume riche et élégante oui c’était facile. Les mots sont précis, les sentiments décrits à la perfection.

L’auteure a fait le choix d’écrire un roman sans dialogue. Le narrateur exprime ce que les protagonistes ressentent. C’est très reposant pour le lecteur même si le risque est de lire un roman peu rythmé, ce qui n’est vraiment pas le cas ici.

Cette histoire est un très beau et émouvant témoignage sur la vie, le temps qui passe, les mariages que l’on fête, les morts que l’on pleure.

Pierre naquit et Jules mourut un an plus tard. Il n’y aurait pour Valentine plus de caresses et plus d’enfant. (…) Et dans la détresse de se savoir à jamais inféconde et privée d’amour, Valentine se raidit davantage.

J’ai bien envie de découvrir d’autres romans de l’auteure tant la plume m’a plu.

Enfin, j’ai appris que L’élégance des veuves avait été adapté au cinéma je suis curieuse de le voir à l’occasion.

Et vous, avez-vous lu ce roman ? Qu’en avez-vous pensé ?

4 réflexions sur « L’élégance des veuves d’Alice Ferney »

  1. J’ai souvent vu les livres de cette auteure dans la librairie dans laquelle je vais (normal, c’est celle de la maison d’édition des Babel à Arles). Ils sont bien mis en avant!
    Je n’ai jamais trouvé le goût pour la découvrir mais ce que tu en dis me fais changer d’avis! N’est-ce pas trop féminin comme lecture?

    1. Merci Nicolas pour ton commentaire ! Trop féminin ? tu veux dire trop « bonne femme » ? Je ne comprends pas trop… Ce roman parle de l’enfantement, sujet féminin par excellence mais je pense, enfin j’espère de tout mon coeur, qu’un homme puisse le lire et trouver ces histoires à son goût.
      Il est vrai que les hommes ne sont pas mis en avant. L’époque (début XXième siècle) fait que les papas d’aujourd’hui sont encore bien loin 😉

      1. Je ne pensais pas du tout « bonne femme » mais un sujet très féminin qu’un lecteur masculin, même curieux et ouvert, ne pourrait pas en comprendre les subtilité. Mais il peut aimer, je n’en doute pas!

        1. Au contraire une certaine fraîcheur n’est jamais de trop pour encore plus apprécier ce que l’auteure écrit. C’est beau sans être subtil.

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