La première femme de Yuan de Pearl Buck

Je viens lire un recueil de nouvelles : La première femme de Yuan de Pearl Buck.

Ce livre comporte plusieurs nouvelles classées par thème : jeunes et vieux, révolution, inondations.

L’oeuvre

Pearl Buck est une auteure américaine de renom qui est née en 1892 et décédée en 1973.  Elle a obtenu le prix Nobel de littérature en 1938. La majorité de ses œuvres lui ont été inspirées par le pays qui l’a vu grandir, la Chine. La première femme de Yuan ne déroge pas à cette règle puisque toutes les nouvelles écrites dans ce livre se passent en Chine.

Ce livre, The first wife and other stories écrit en 1933 a été traduit en français sous le titre La première femme de Yuan en 1935 aux éditions Stock.

Je suis une grand fan de Pearl Buck, j’ai lu beaucoup de ses œuvres et c’est pour moi un immense plaisir de les lire.

Le livre de Pearl Buck avec sa tranche superbe !

L’histoire {spoiler}

Etant donné que ce livre est un recueil de nouvelles, je vais écrire cet article sur deux nouvelles qui m’ont le plus marquée.

La première femme de Yuan

Ici on découvre la vie d’une jeune femme mariée qui vit comme le veut la coutume chez ses beaux-parents, entourée de ses deux enfants : une petite fille et un petit garçon.

Le mari est parti faire des études à l’étranger, dans un pays occidental, et il revient après six ans d’absence dans le foyer familial.

C’est l’histoire d’un choc culturel : l’ancien contre le moderne. La femme de Yuan est une bonne mère et une bonne fille pour ses beaux-parents. Mais elle ne sait ni lire, ni écrire car à l’époque, les femmes n’ont pas accès à l’enseignement. Le mari après six ans d’exil a connu la modernité : la femme est l’égal de l’homme.

De retour en Chine, le mari souhaite divorcer et se marier avec la femme qu’il a choisit et qu’il aime. Alors pour rendre heureux son mari et lui permettre d’accéder à ses envies, la femme se suicide afin de ne pas se mettre au travers de ces projets.

Pères et mères

La nouvelle est très courte. Elle raconte la tragique histoire d’un fermier et de sa femme qui ont tout perdu à cause des inondations. Cette famille de cinq enfants connaît la famine et le désespoir.

Le peu de farine qu’il reste, est diluée dans l’eau de la rivière, et constitue leur unique repas. La mère fait semblant de manger pour laisser au père et aux enfants plus de nourriture.

La mère ne dort plus, elle a trop peur qu’il arrive malheur à ses enfants. Pourtant un soir, ivre de fatigue elle s’endort. Le père profite de ce moment pour amener deux de ses filles à l’écart afin de les tuer pour qu’elles n’aient plus faim.

Ce que j’en ai pensé

La première femme de Yuan

Mari et femme sont incapables de se comprendre et de communiquer. Ils sont étrangers l’un à l’autre. A cette époque en Chine, les mariages sont arrangés par les parents. Les mariages d’amour n’existent pas. Les jeunes gens sont obligés de se marier très jeunes et de fonder une famille pour assurer la descendance.

En Chine, les liens filiaux sont extrêmement présents et dominent la vie des uns et des autres. Le poids des ancêtres est plus important que le présent ou le futur.

L’auteure met en lumière le fait qu’être une femme est un handicap. Une femme doit quitter sa famille pour vivre avec ses beaux-parents et son mari. Elle n’a pas accès au savoir. Elle doit enfanter le plus d’enfants mâles. Elle doit courber la nuque et subir toute sa vie la malchance d’être née femme.

La lecture de cette nouvelle m’a plu pour son intensité et sa fin tragique.

Pères et mères

En Chine, les catastrophes naturelles sont très fréquentes et gravissimes. Une fois de plus, les Hommes subissent la nature qui leur prend tout.

Là encore, c’est le statut de la femme qui est mis en avant. Dans cette société, la femme n’est qu’un boulet. Le père choisit de tuer deux de ses enfants filles.

Une fille ne vaut rien pour ses parents puisqu’une fois mariée, elle quitte définitivement sa famille pour vivre dans la famille de son mari afin de s’occuper de ses beaux-parents. Elle ne rapporte rien à sa famille, ni descendance, ni argent, ni statut.

Aussi cruelle que cela paraisse, c’est la triste réalité. D’ailleurs, si la femme n’enfante pas de garçons, le mari peut s’en débarrasser ou la remplacer sans que la société n’est à redire.

J’ai trouvé cette nouvelle extrêmement touchante de vérité. Le sacrifice de ses petites filles est violent et pourtant utile. La vie des chinois en ce temps est très dure car aucune aide ne leur est apportée et l’issue est fatale.

Connaissez-vous les œuvres de Pearl Buck ?

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