Nature morte de Louise Penny

Je viens de lire Nature morte de Louise Penny. C’est son premier roman et c’est également le premier roman que je lis de cette auteure.

Lorsque cela est possible, j’aime lire les romans par ordre chronologique ; ça doit être mon côté perfectionniste. Cela me permet surtout de mieux comprendre les personnages et de suivre leur évolution au fil des romans.

L’oeuvre

Nature morte est donc le premier roman de Louise Penny, auteure canadienne. Ce roman a reçu plusieurs prix dans la catégorie Premier Roman : l’Arthur-Ellis Award au Canada mais aussi les Anthony et Barry Awards aux US.

Il a été publié en 2005, traduit en 2010 et réédité en 2011 aux Editions Actes Sud collection Actes Noirs.

J’avais hâte de découvrir l’auteure et l’histoire. En effet, sur la quatrième il est noté « Louise Penny a concocté un roman plein de charme, de subtilité et d’humour, dans la plus pure tradition des grands maîtres de la littérature policière ». En fan absolue d’Agatha Christie, j’y ai vu un bon présage 🙂

L’histoire

Jane Neal, dame âgée de 76 ans est retrouvée morte dans la forêt derrière sa maison. L’inspecteur-chef Armand Gamache de la Sûreté du Québec est chargé de l’enquête.

L’équipe policière pense d’abord à un accident de chasse. Mais finalement, l’enquête conclut à un meurtre.

Qui a bien pu tuer cette enseignante à la retraite, qui a vécu toute sa vie dans ce village québécois de Three Pines ? Peintre amatrice, son tableau intitulé « Jour de foire » allait être exposé à la galerie d’art de Williamsburg dans quelques jours. Coïncidence ?

Cette dame a des secrets puisque personne n’a le droit de pénétrer dans son salon ou de monter à l’étage de sa maison. Elle recevait ses invités uniquement dans son entrée et sa cuisine. Pourquoi ?

L’inspecteur-chef Gamache, grâce à un sens de l’observation poussé va découvrir derrière l’image idyllique de ce village où tout le monde semble bien s’entendre, les blessures et les secrets que cachent les habitants.

Ce que j’en ai pensé

L’auteure est canadienne et l’histoire se passe au Québec. C’est pour moi une nouveauté n’ayant jamais lu de livre relatif au Québec. J’ai apprécié l’inspecteur-chef Gamache bien que légèrement caricaturé. D’ailleurs les personnages sont caricaturaux. On y retrouve une personne âgée, un couple homosexuel, une libraire noire. C’est comme si les quotas devaient être respectés. Vous voyez ce que je veux dire ? Cela ne m’a pas dérangé mais je ne comprends pas vraiment le parti pris.

Louise Penny met en exergue les bisbilles entre francophones et anglophones. En effet, la Sûreté du Québec qui équivaut à la police nationale, est située à Montréal. Montréal est l’une des villes les plus cosmopolites du monde et la ville francophone la plus peuplée d’Amérique.

C’est ainsi que l’on peut lire à propos du goût des anglais canadiens pour la décoration d’intérieure :

Il ne savait pas pourquoi, mais les « anglais » l’étonnaient toujours. Cette pièce n’était qu’un exemple de leur insondable comportement.

Ou encore à propos des francophones :

Comme Ben s’attendait à rencontrer un détective francophone, peut-être même unilingue, il avait passé quelques minutes à rafraîchir son français en ressassant la description de ses allées et venues. (…) Au Québec, il est fréquent, et même courant, de parler deux langues. Mais il était rare d’entendre un francophone parler comme un membre héréditaire de la Chambre des lords.

Gamache est secondé par plusieurs collègues : Jean-Guy Beauvoir son adjoint et aussi son bras droit depuis plus de dix ans avec qui il entretient une relation professionnelle très fusionnelle ; Isabelle Lacoste dont on ne sait pas grand chose et l’agente Yvette Nichol, un bleu. Ce personnage est le vilain petit canard de l’équipe : arrogante, agressive, elle émet sans arrêt des jugements hâtifs, prend la parole à tord et à travers. Elle met les pieds dans le plat à plusieurs reprises. Elle est aussi incapable de se remettre en question et elle fait preuve d’une mauvaise foi absolue. C’est un personnage très antipathique. Tout au long du roman, Gamache va tenter de lui montrer la voie, mais elle restera aveugle à cet apprentissage.

L’un des protagonistes est une femme poète reconnue ; l’inspecteur-chef Gamache connaît certains de ses poèmes par cœur. A plusieurs reprises dans le roman on peut lire des poèmes écrits par cette dame. J’en ai retenu un :

Tu étais un papillon

et tu m’as frôlé la joue

dans l’obscurité.

Je t’ai tuée,

sans savoir

que tu n’étais qu’un papillon,

sans dard.

Parfois j’ai eu l’impression de ne pas tout comprendre : des détails dans la personnalité des protagonistes ou des échanges qui m’ont semblé étranges. Je sais que le français et le français québécois ne sont pas identiques, est-ce que ça vient de la traduction ? Mystère.

En ce qui concerne l’histoire je l’ai trouvée bien ficelée. Le suspense est bien présent. Tout tient la route. J’ai aimé l’ambiance du roman et le côté Hercule Poirot de l’inspecteur-chef Gamache. Enfin l’ambiance petit village où on se réunit au pub/resto/auberge au coin du feu où l’on discute/échange, en mangeant des bonnes choses, tout cela me parle 🙂

Pour résumé, ce roman est une lecture agréable. Je retenterai l’expérience avec le deuxième roman de cette série qui s’intitule Sous la glace. A ce jour, six romans de l’auteur ont été publiés en France aux Editions Actes Sud, collection Actes Noirs.

Connaissez-vous Louise Penny ? Que pensez-vous de ces romans ?

4 pensées sur “Nature morte de Louise Penny”

  1. Coucou Estelle, je te remercie beaucoup pour ta nomination qui m’a touchée 🙂 je ne sais pas comment procéder, peux tu me donner la marche à suivre ? Merci d’avance. à très vite !

    1. Coucou 🙂 il suffit que tu ailles sur l’accueil de mon blog, j’ai écrit un article dessus : Liebster award nomination 2016. J’ai expliqué les règles du jeu. A très vite !

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