Le poète de Gaza d’Yishaï Sarid

J’ai lu récemment le roman Le poète de Gaza d’Yishaï Sarid aux éditions Actes Sud collection actes noirs.

Yishaï Sarid est un auteur israélien né en 1965. Il est le fils du politicien et journaliste, Yossi Sarid.

L’oeuvre

Le poète de Gaza est publié sous le titre original Limassol en 2009. Il est traduit en français et publié aux éditions Actes Sud en 2011.

Ce roman a remporté le Grand prix de littérature policière en 2011.

Histoire

A Tel Aviv, un agent des services secrets israéliens lutte contre les attentats suicide.

Sa nouvelle mission est de rentrer en contact avec Dafna, ancienne romancière israélienne et de lier une relation de confiance avec elle. Cette femme moderne et bohème, mère d’un jeune homme drogué, a deux souhaits : exfiltrer de Gaza son ami, Hani, poète palestinien afin qu’il soit hospitalisé à Tel Aviv pour son cancer en phase terminale ; sauver son fils de la drogue et des menaces qui pèsent sur lui.

L’agent des services secrets a un but : atteindre le fils d’Hani, chef d’un réseau terroriste et déjouer les plans d’attentats de ce dernier.

Ce que j’en ai pensé

C’était une première pour moi, la littérature israélienne. Je connais très sommairement le conflit qui oppose la Palestine et l’Israël. Je me considère comme inculte sur ce sujet, pourtant je le trouve passionnant, même si cet adjectif n’est pas approprié. En effet, ce conflit est terrible et pour le moment, il ne connaît pas d’issue.

Dans le cadre du challenge ABC Thriller Policier, je dois lire l’oeuvre d’un romancier dont le nom commence par la lettre S. Bingo ! Je vais lire ce roman. Le titre m’a toujours attirée.

Comme très souvent j’ai commencé ma lecture sans lire attentivement la quatrième, puisque je préfère découvrir le sujet au fur et à mesure de ma progression.

On rencontre l’agent des services secrets. Homme quadragénaire, israélien, marié et père d’un petit garçon. Cet homme est malheureux. Malheureux de sa vie, du but qu’il s’est fixé à savoir, combattre les attentats suicide sur le territoire israélien. Toute distraction est futile. Il est arrivé à un stade où vivre un quotidien ordinaire lui est insupportable.

Sa nouvelle mission est compliquée, il n’a pas le droit à l’erreur, l’enjeu est trop important.

J’ai abordé lentement tous les virages de la descente vers la Mer Morte. J’étais comme gorgé de pus. (…) je ne renonce pas à ce paysage unique, merveilleux. Je me suis arrêté (…) au bord d’un ravin, je suis sorti de ma voiture et j’ai hurlé autant que j’ai pu, ce qui a réveillé les oiseaux du désert et eux aussi y sont allés de leurs hurlements.

J’ai été immergée très rapidement dans cette histoire. C’est simple, j’ai lu en deux jours ce roman, tant j’avais du mal à le lâcher. Les personnages sont incroyablement réels. Ce roman est presque un roman d’espionnage et sociétal, c’est bien plus qu’une enquête.

La difficulté pour l’auteur est d’être le plus impartial possible. Ne pas être bêtement Pro ou Anti. Comme chacun sait, il n’y a pas que du blanc et du noir mais une multitude de gris. C’est facile me direz-vous de ne pas prendre parti et de préférer la tempérance au jugement. Mais les faits sont là, ces populations juives et arabes vivent ensemble. Alors quoi ? Les faire partir, les affamer, les assoiffer, les obliger à vivre dans la misère, les tuer à coups de bombes humaines ? L’auteur réussit avec succès contourner cette difficulté et à garder la tête froide. C’est ça qui est intéressant dans ce roman. Le lecteur n’est pas manipulé pour un camp ou l’autre. Il laisse au lecteur son libre-arbitre de penser.

Sa vidéo tourne déjà sur Internet, avec la kalachnikov, le drapeau et le discours d’adieu. Je connais la synagogue, j’ai des amis qui prient là-bas. Il a mis un talith avec les franches sur le pantalon, on aurait vraiment dit un jeune de chez nous.

Le conflit israélo-palestinien est d’une complexité hallucinante. J’ai tenté quelques recherches Internet mais c’est bien trop complexe et sensible pour que je puisse trouver des informations neutres et faciles d’accès. Néanmoins, en tant que citoyenne française et tout simplement en tant qu’individu, j’ai été surprise ou plutôt choquée de lire toute la haine et la mésentente qui existe entre ces populations qui partagent malgré elles, la même terre. Je ne m’imaginais pas que ces pays étaient en guerre, une guerre souterraine, une guerre dont on ne se préoccupe finalement peu, surtout lorsque comme moi, on n’est pas concerné.

Ça n’arrête pas de construire, chez vous, s’est étonné Hani. Et rien que des gratte-ciel ! Regarde ce qu’il y a chez vous et ce qu’il y chez nous. Le même pays, la même terre, le même sable. Vous avez tout et nous rien. Mais vous êtes trop nerveux. Il vous manque notre patience.

Tous les combats ne peuvent être gagnés, toutes les batailles n’ont pas forcément d’issue, mais le fait que certains auteurs essaient de sensibiliser d’une manière ou d’une autre les lecteurs sur ces problématiques, est un début, une avancée discrète, mais nécessaire.

Et en attendant j’ai, moi aussi, pris le livre de Hani et allumé ma lampe de chevet. Un livre tout mince qui parlait de pêcheurs revenant de leur sortie en mer avec quelques mérous dans leurs filets, d’un marché aux légumes, de sable dans les ruelles, d’enfants aux yeux rougis. Des petites histoires tristes, presque sans intrigue. Des histoires alanguies.

J’ai été surprise car sur Livraddict peu de gens ont lu ce roman. Je m’attendais à plus de succès. Une chronique postée, cinq notes attribuées, autant dire, pas grand-chose.

J’ai beaucoup aimé ce roman qui donne à réfléchir et donne envie de s’intéresser à ce sujet.

Comptez-vous lire ce roman ? Si vous l’avez lu, donnez votre avis !

Nature morte de Louise Penny

Je viens de lire Nature morte de Louise Penny. C’est son premier roman et c’est également le premier roman que je lis de cette auteure.

Lorsque cela est possible, j’aime lire les romans par ordre chronologique ; ça doit être mon côté perfectionniste. Cela me permet surtout de mieux comprendre les personnages et de suivre leur évolution au fil des romans. Continuer la lecture de « Nature morte de Louise Penny »