En ce sang versé d’Andréa H Japp

J’ai lu le roman En ce sang versé d’Andréa H Japp aux éditions Flammarion.

Andrea H. Japp est le pseudonyme de Lionelle Nugon-Baudon, auteure française et scientifique de renom, née en 1957.

L’œuvre

En ce sang versé est le second tome de la trilogie Les enquêtes de M. de Mortagne, bourreau. Il est publié en 2012 aux éditions Flammarion.

La trilogie se poursuit avec le roman La tour d’abandon.

L’histoire

L’histoire se déroule en l’an 1305 en Normandie. Hardouin cadet-Venelle dit Monsieur Justice de Mortagne, bourreau de son état, a belle réputation bien au-delà de son comté.

Henriette, la fille ainée et préférée du sous-bailli, Arnaud de Tisans, moniale à l’abbaye des Clairets, est retrouvée étranglée à la porte du monastère. Le sous-bailli fou de chagrin, demande l’aide du bourreau pour résoudre ce crime et retrouver le scélérat qui a tué son enfant chérie.

Ce que j’en ai pensé

Après avoir lu le premier tome de cette trilogie Le brasier de justice, j’avais très envie de poursuivre les aventures de ce bourreau attachant.

On retrouve Hardouin cadet-Venelle, bourreau de père en fils, sans espace temps entre la fin du premier tome et le second.

Hardouin a donc croisé à la fin du premier tome, la belle Mahaut de Vigonrin accusée d’empoissonnements. Or, cette dame ressemble d’une manière étrange à Marie de Salvin, brûlée au début du tome un.

Entre temps, le sous-bailli Arnaud de Tisans est au désespoir suite au décès de sa fille adorée, Henriette. Cette dernière était moniale dans la fameuse abbaye de Clairets dirigée par la mère abbessse, Constance de Gausbert.

Une fois de plus, l’auteure plonge le lecteur à cent pourcent dans cet univers moyenâgeux, aux confins de la Normandie, dans cet hiver glacial et très rude de l’an 1305.

M. Justice de Mortagne lut pour la millième fois sur les visages le même mélange d’émotions : dégoût envers lui et féroce curiosité pour la mise à mort annoncée par les crieurs de rues.

Un noble de haut ne se décollait pas tous les jours (…) Chacun y allait de supputations : messes noires, orgies, fornication avec des animaux. (…) Quelques-uns regrettaient à haute voix que le spectacle se limitât à une décapitation. Cependant, nul n’aurait boudé son divertissement.

La plume de l’auteure est fabuleuse car elle permet une réelle immersion dans cette époque lointaine. Andrea H. Japp a l’art de dérouler les enquêtes successives au fur et à mesure. Tout comme dans le premier tome, j’ai pris plaisir à lire mais aussi à apprendre et découvrir mieux cette période historique où la religion a une place primordiale.

Je n’ai jamais perdu pied, comme cela est parfois le cas dans d’autres romans historiques. J’ai aimé suivre et comprendre les aventures de tous les protagonistes.

Ce second tome donne une vision plus nette de ce qu’il pourrait se passer dans le dernier opus que je lirai avec beaucoup de plaisir, j’en suis sûre.

Et vous, avez-vous lu ce roman ou un autre de l’auteure ?

Territoires d’Olivier Norek

J’ai lu Territoires d’Olivier Norek aux éditions Michel Lafon.

Olivier Norek est un auteur français né en 1975.

L’œuvre

Territoires est publié en 2014 aux éditions Michel Lafon.

Ce roman est le second dans lequel apparaissent le Capitaine Victor Coste et son équipe.

L’histoire

Trois caïds de la drogue sont assassinés dans la ville de Malceny, en Seine-Saint-Denis.

La Crime et les Stups vont travailler conjointement afin de mettre à mal ce déferlement de violence. C’est sans compter sur l’aide précieuse de la mairesse de Malceny, surnommée La Reine par ses collaborateurs ; femme de pouvoir aussi vérolée que démagogue.

Ce que j’en ai pensé

Après avoir lu Code 93 d’Olivier Norek, j’ai eu fortement envie de lire ses autres romans. Territoires a donc rapidement atterri entre mes mains. J’avais hâte de me plonger dans ce nouvel opus.

Olivier Norek est un lieutenant de police de la section enquêtes et recherches du SDPJ 93.

J’ai eu plaisir à retrouver la plume incisive, drôle et très réaliste de l’auteur. L’enquête est menée avec un rythme soutenu, pas de repos pour le lecteur qui en prend plein les yeux.

Le personnage de Monsieur Jacques m’a beaucoup touchée. Je me fais souvent la réflexion quant à la capacité de nos anciens à vivre dans des cités archi-urbanisées où la violence est de mise et le respect perdu à jamais. Le multiculturalisme est une option favorable mais comment imaginer que les personnes âgées puissent se repérer dans cet univers cosmopolite ?

Malceny, ville fictive, ressemble à une cité-dortoir dans laquelle se dressent des tours qui portent des noms d’hommes de lettres pour mieux cacher la misère sociale et la décrépitude des logements.

Il ne lui parla jamais des voitures qui brûlaient, du quartier qui se dégradait, des enfants qui l’insultaient quand il faisait ses courses, ni de la fois où il s’était fait agresser et voler son portefeuille. (…) De cambriolages en incivilités, de dégradations en violences gratuites, les voisins, les uns après les autres, quittèrent l’immeuble.

En quelques pages j’ai été happée par l’histoire. J’ai découvert avec des yeux ébahis le commerce souterrain de la drogue, les filières bien huilées, le rôle des criminels dans une ville de banlieue et le lien qui les unit avec la vie démocratique.

Vous vous foutez de moi ? Vous me dites que c’est un entrepôt pour voleurs et vous leur laissez l’électricité ? Pourriez au moins la couper, ce serait un début.

Déjà essayé. Ils ont brûlé ma voiture le lendemain.

Et vous avez déposé plainte ?

Non, j’ai remis le courant.

Olivier Norek a décidément le chic pour donner envie de continuer encore et encore cette aventure. Il est donc très probable que je lise prochainement le dernier roman Surtensions, pour mon plus grand plaisir.

En attendant, à ceux qui découvrent l’auteur, à ceux qui voudraient lire un polar avec un rythme d’enfer, je vous conseille très vivement celui-ci.

Avez-vous lu Territoires ? Qu’en avez-vous pensé ?

Code 93 d’Olivier Norek

J’ai lu le roman Code 93 d’Olivier Norek aux éditions Pocket.

Olivier Norek est un auteur français né en 1975. Il est également lieutenant de police depuis quinze ans en Seine-Saint-Denis.

code 93 d'olivier norek

L’oeuvre

Code 93 est le premier roman de l’auteur. Il est publié en 2013 aux éditions Michel Lafon.

Olivier Norek a depuis écrit deux autres romans Territoires et Surtensions publiés respectivement en 2014 et 2016.

L’histoire

Tout commence par la découverte d’un corps féminin non identifié dans un squat de la commune des Lilas en Seine-Saint-Denis.

Un an plus tard, Coste, capitaine de la crime du 93 se rend à Pantin à 5 h du matin après qu’on l’ai appelé. Un homme a été retrouvé vraisemblablement mort, son pull blanc présentant trois trous béants largement tachés de sang noirci.

Victor Coste ne le sait pas encore mais toutes ces affaires sont liées et cachent derrière elles, un dossier appelé Code 93.

Ce que j’en ai pensé

Olivier Norek fait partie des auteurs que je souhaitais découvrir très vite. J’ai beaucoup entendu parler de ses romans, notamment le premier, Code 93. Ancienne banlieusarde, j’avais à cœur de lire ce qu’un vrai flic avait à raconter sur ce fameux neuf trois.

Ayant eu la chance de vivre dans une banlieue relativement tranquille et protégée, j’ai toujours eu une sorte d’attirance mêlée d’indiscrétion pour les quartiers difficiles. Un emprunt à la bibliothèque m’a permis de plonger littéralement dans ce roman relativement court mais qui ne ménage pas ses effets.

Pour avoir accès à la plupart des immeubles des cités du 93, il suffit de pousser la porte. Celui de Bébé ne faisait pas exception. Un digicode arraché du mur, pendu à un fil électrique, les vitres du hall brisées, serrure défoncée, boîte aux lettres vandalisées pour les chanceux, brûlées pour les autres. Bienvenue.

J’ai tout de suite aimé l’écriture d’Olivier Norek. Une écriture efficace, sans divagation, qui ne laisse pas le lecteur dans un brouillard d’incompréhension, comme s’amuse parfois d’autres auteurs. Non là, on sent le lieutenant de police habitué à transmettre des informations sans ambiguïté.

L’équipe de l’Identité judiciaire avait réquisitionné les lieux. (…) Prélèvements biologiques, placement sous scellés de tous les mégots de cigarettes, bouteilles et détritus divers que le sol d’un hangar désaffecté peut accueillir. La routine. Les effectifs de la Scientifique, en combinaison stérile blanche, (…) assuraient un ballet organisé, ignorant le géant au centre de leurs opérations et les raisons pour lesquelles il s’était fait buter un matin de janvier.

L’histoire est bien construite et l’intrigue, malgré la connaissance rapide de l’assassin, est très intéressante. En effet, le lecteur rentre dans la tête du meurtrier comme dans la tête du capitaine Coste.

D’ailleurs, les personnages légèrement caricaturés forment une belle équipe. Entre épuisement, abnégation, persévérance, être policier n’est pas de tout repos.

Ils se heurtèrent aux portes closes, aux familles qui préfèrent le silence aux ennuis, aux vieux qui n’entendent jamais rien et aux jeunes qui les envoyèrent se faire foutre. Fin de l’opération. Une EVVR typique du 93. « Enquête de voisinage et vaines recherches ».

Je me suis attachée au personnage de Victor Coste. Sûrement grâce à son côté justicier sans faille, amoureux transi et protecteur des gens fragiles. Il incarne dans ce roman, le bon flic, l’intègre, celui que la société respecte ou devrait respecter.

Pour moi ce roman est une réussite tant sur le fond que la forme. J’ai envie fortement de lire les deux romans qui suivent, Territoires et Surtensions d’ici quelques mois.

Le fait que l’auteur soit un homme du métier, un lieutenant de police qui travaille dans ce département, La Seine-Saint-Denis, fait la différence. Il s’est confronté lui-même aux difficultés de ces quartiers où être flic c’est être une cible. Irrespect, méprise, violence, tentative d’assassinat, sont le quotidien de ces femmes et de ces hommes qui mettent en jeu leurs vies, tout simplement.

C’est pas Hollywood, ici, c’est la Seine-Saint-Denis.

Avez-vous lu ce roman ? Donnez votre avis en commentaire !

Yeruldelgger de Ian Manook

J’ai lu récemment le roman Yeruldelgger de Ian Manook aux éditions Le livre de poche.

Ian Manook est un des noms de plume de l’auteur Patrick Manoukian, écrivain français né en 1949.

yeruldelgger de ian manook

L’œuvre

Yeruldelgger est publié en 2013 aux éditions Albin Michel.

Ce roman a obtenu une très grande quantité de prix littéraires. Il a reçu notamment Le grand prix des lectrices de Elle en 2014 ainsi que le prix SNCF du polar, la même année.

L’histoire

Yeruldelgger est appelé sur les lieux d’une découverte macabre. Le squelette d’une petite fille, déterré par des nomades, a été découvert dans les steppes.

Au même moment, des industriels chinois et des prostituées sont assassinés sauvagement. Yeruldelgger doit enquêter avec l’aide de Oyun, son adjointe.

En parallèle, il doit affronter ses fantômes et faire face à l’épreuve de sa vie.

Ce que j’en ai pensé

J’ai souhaité lire ce livre sur les recommandations de ma mamou. En plus de l’histoire policière, il a cette particularité de faire découvrir au lecteur, ce pays lointain, la Mongolie.

Cela faisait donc plusieurs mois qu’il était dans ma wishlist et grâce à une gentille collègue, merci Julie, j’ai enfin pu le lire. Un membre de Livraddict nommé XL m’a proposé de le lire en lecture commune. Vous pouvez retrouver sa chronique ici.

Dans ce roman on découvre ce flic abimé par la vie, Yeruldelgger. J’ai été horrifiée de découvrir les relations qu’il entretient avec sa famille et sa hiérarchie. En tout état de cause, il est détesté autant qu’adoré.

Le roman est très bien construit. Il y a une vraie montée en puissance dans l’intrigue. Les enquêtes policières se mélangent les unes ou autres et apportent une profondeur au roman.

Ce qui m’a fascinée dans ce roman c’est la découverte de la Mongolie. Ce roman est pour moi une déclaration d’amour à ses habitants, ses traditions, ses paysages. J’ai été d’ailleurs très surprise d’apprendre que l’auteur n’était pas originaire de Mongolie mais un français amoureux des voyages.

Yeruldelgger plongea la main dans les entrailles de la marmotte et en tira une première pierre bouillante qu’il offrit à la vieille avec respect. Elle l’accepta avec un sourire de bonheur et de reconnaissance (…) et partagèrent avec lui le boodog selon la tradition.

Ce pays lointain est assez méconnu pour moi. Il m’a paru d’une fragilité poétique. La Mongolie est une terre de contrastes où se mêle tradition et modernité. Ian Manook décrit très bien ce phénomène tout au long de son roman. A certains moments, outre la violence de l’histoire, une poésie se dégage de ce roman.

Puis, dans leur douce langue murmurée qui bruissait comme un ruisseau sous des feuillages agités, ils se racontèrent jusqu’au petit matin leurs enfances heureuses en se brûlant les lèvres au thé salé.

On ressent un mal-être et une recherche d’authenticité dans l’esprit des mongols, comme si une part d’eux-même était à jamais entachée par l’histoire de leur pays. L’auteur fait tout pour que le lecteur éprouve la désillusion des personnages face à la perte des traditions ancestrales.

Colette voulu précéder Yeruldelgger dans la yourte, mais il la rattrapa violemment par le bras (…)

Hey, qu’est-ce qui te prend ?

Pas le pied gauche, tu ne te souviens pas ?

Tu crois à ces vieilleries-là ?

J’y crois, confirma-t-il et tu as intérêt à y croire toi aussi.

Quoi ? Entrer le pied droit en premier, enjamber le pas de porte, ne rien jeter dans le feu, circuler par la gauche, ne pas pointer ses pieds vers le feu… tu t’accroches encore à tout ça ?

Yeruldelgger est un roman surprenant qui tend à faire découvrir au lecteur, un pays avant tout. J’ai découvert énormément de choses en lisant ce livre. J’ai trouvé ça captivant d’un point de vue culturel et humain.

A part le cœur nouveau d’Oulan-Bator et la perfection infinie des steppes et des montagnes, Oyun se demandait souvent pourquoi sa belle Mongolie semblait aussi délabrée.

Partout, quand elle traversait les banlieues et les villages, elle ressentait cette impression étrange d’un abandon résigné. Comme si le quotidien des gens, dans ce pays immense et magnifique, s’étriquait dans un présent rabougri avec pour seule ambition de survivre aux jours qui passent.

Concernant l’enquête policière, la plume est hyper violente. Plusieurs fois j’ai repris mon souffle car j’avais, sans me rendre compte, couper ma respiration tellement le passage était dur. Petite nature, bonjour !

J’ai adoré ce roman. L’auteur en a écrit deux autres où l’on retrouve personnage de Yeruldelgger, Les temps sauvages et la mort nomade. J’ai fortement envie de les lire d’ici quelques mois.

Je recommande chaudement ce roman, si la violence ne vous effraie pas et si vous avez la curiosité de découvrir ce pays à part qu’est la Mongolie.

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