Yeruldelgger de Ian Manook

J’ai lu récemment le roman Yeruldelgger de Ian Manook aux éditions Le livre de poche.

Ian Manook est un des noms de plume de l’auteur Patrick Manoukian, écrivain français né en 1949.

yeruldelgger de ian manook

L’œuvre

Yeruldelgger est publié en 2013 aux éditions Albin Michel.

Ce roman a obtenu une très grande quantité de prix littéraires. Il a reçu notamment Le grand prix des lectrices de Elle en 2014 ainsi que le prix SNCF du polar, la même année.

L’histoire

Yeruldelgger est appelé sur les lieux d’une découverte macabre. Le squelette d’une petite fille, déterré par des nomades, a été découvert dans les steppes.

Au même moment, des industriels chinois et des prostituées sont assassinés sauvagement. Yeruldelgger doit enquêter avec l’aide de Oyun, son adjointe.

En parallèle, il doit affronter ses fantômes et faire face à l’épreuve de sa vie.

Ce que j’en ai pensé

J’ai souhaité lire ce livre sur les recommandations de ma mamou. En plus de l’histoire policière, il a cette particularité de faire découvrir au lecteur, ce pays lointain, la Mongolie.

Cela faisait donc plusieurs mois qu’il était dans ma wishlist et grâce à une gentille collègue, merci Julie, j’ai enfin pu le lire. Un membre de Livraddict nommé XL m’a proposé de le lire en lecture commune. Vous pouvez retrouver sa chronique ici.

Dans ce roman on découvre ce flic abimé par la vie, Yeruldelgger. J’ai été horrifiée de découvrir les relations qu’il entretient avec sa famille et sa hiérarchie. En tout état de cause, il est détesté autant qu’adoré.

Le roman est très bien construit. Il y a une vraie montée en puissance dans l’intrigue. Les enquêtes policières se mélangent les unes ou autres et apportent une profondeur au roman.

Ce qui m’a fascinée dans ce roman c’est la découverte de la Mongolie. Ce roman est pour moi une déclaration d’amour à ses habitants, ses traditions, ses paysages. J’ai été d’ailleurs très surprise d’apprendre que l’auteur n’était pas originaire de Mongolie mais un français amoureux des voyages.

Yeruldelgger plongea la main dans les entrailles de la marmotte et en tira une première pierre bouillante qu’il offrit à la vieille avec respect. Elle l’accepta avec un sourire de bonheur et de reconnaissance (…) et partagèrent avec lui le boodog selon la tradition.

Ce pays lointain est assez méconnu pour moi. Il m’a paru d’une fragilité poétique. La Mongolie est une terre de contrastes où se mêle tradition et modernité. Ian Manook décrit très bien ce phénomène tout au long de son roman. A certains moments, outre la violence de l’histoire, une poésie se dégage de ce roman.

Puis, dans leur douce langue murmurée qui bruissait comme un ruisseau sous des feuillages agités, ils se racontèrent jusqu’au petit matin leurs enfances heureuses en se brûlant les lèvres au thé salé.

On ressent un mal-être et une recherche d’authenticité dans l’esprit des mongols, comme si une part d’eux-même était à jamais entachée par l’histoire de leur pays. L’auteur fait tout pour que le lecteur éprouve la désillusion des personnages face à la perte des traditions ancestrales.

Colette voulu précéder Yeruldelgger dans la yourte, mais il la rattrapa violemment par le bras (…)

Hey, qu’est-ce qui te prend ?

Pas le pied gauche, tu ne te souviens pas ?

Tu crois à ces vieilleries-là ?

J’y crois, confirma-t-il et tu as intérêt à y croire toi aussi.

Quoi ? Entrer le pied droit en premier, enjamber le pas de porte, ne rien jeter dans le feu, circuler par la gauche, ne pas pointer ses pieds vers le feu… tu t’accroches encore à tout ça ?

Yeruldelgger est un roman surprenant qui tend à faire découvrir au lecteur, un pays avant tout. J’ai découvert énormément de choses en lisant ce livre. J’ai trouvé ça captivant d’un point de vue culturel et humain.

A part le cœur nouveau d’Oulan-Bator et la perfection infinie des steppes et des montagnes, Oyun se demandait souvent pourquoi sa belle Mongolie semblait aussi délabrée.

Partout, quand elle traversait les banlieues et les villages, elle ressentait cette impression étrange d’un abandon résigné. Comme si le quotidien des gens, dans ce pays immense et magnifique, s’étriquait dans un présent rabougri avec pour seule ambition de survivre aux jours qui passent.

Concernant l’enquête policière, la plume est hyper violente. Plusieurs fois j’ai repris mon souffle car j’avais, sans me rendre compte, couper ma respiration tellement le passage était dur. Petite nature, bonjour !

J’ai adoré ce roman. L’auteur en a écrit deux autres où l’on retrouve personnage de Yeruldelgger, Les temps sauvages et la mort nomade. J’ai fortement envie de les lire d’ici quelques mois.

Je recommande chaudement ce roman, si la violence ne vous effraie pas et si vous avez la curiosité de découvrir ce pays à part qu’est la Mongolie.

Avez-vous lu ce roman ? Donnez votre avis en commentaire !

4 pensées sur “Yeruldelgger de Ian Manook”

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